La gestion d’avion, ou aircraft management, consiste à confier l’exploitation complète de son appareil à une société spécialisée : équipage, entretien, conformité réglementaire, planification des vols et administration. Le propriétaire conserve la pleine propriété de son avion et décide de son utilisation ; le gestionnaire assume le quotidien opérationnel et la responsabilité technique. C’est aujourd’hui le mode de détention le plus répandu en aviation d’affaires, parce qu’il concilie la liberté du propriétaire et l’exigence de sécurité d’une exploitation professionnelle.
Que recouvre exactement la gestion d’avion ?
Posséder un avion d’affaires, c’est posséder une petite compagnie aérienne à soi seul. Un appareil long-courrier moderne mobilise des pilotes qualifiés et entraînés, un suivi de maintenance permanent, une veille réglementaire, des assurances, une planification des vols, une gestion du carburant, des redevances et des escales. Chacun de ces domaines est un métier.
La gestion d’avion regroupe tous ces métiers sous un contrat unique. La société de gestion devient l’exploitant de l’appareil : elle recrute et emploie l’équipage, organise l’entraînement récurrent des pilotes, suit la navigabilité, planifie chaque vol, gère les autorisations, les assurances et la comptabilité de l’appareil. Le propriétaire, lui, n’a plus qu’un seul interlocuteur, et son avion est prêt à voler quand il en a besoin.
Il faut distinguer la gestion d’avion de deux notions voisines. L’affrètement est la location d’un vol ponctuel à bord d’un appareil exploité par un tiers : on y est passager, pas propriétaire. La copropriété ou la propriété fractionnée partagent un appareil entre plusieurs détenteurs. La gestion, elle, s’adresse au propriétaire unique qui veut garder son avion, sans en porter la charge opérationnelle.
Pourquoi les propriétaires confient-ils leur appareil ?
La première raison est la sécurité. Un exploitant professionnel applique à l’appareil les standards d’une compagnie aérienne : procédures écrites, entraînement régulier des équipages, suivi de navigabilité documenté, audits. Ce cadre dépasse ce qu’un propriétaire isolé peut raisonnablement mettre en place seul.
La deuxième est la sérénité administrative. L’aviation d’affaires est l’un des secteurs les plus réglementés qui soient. Entre les exigences de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) en Suisse, celles de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) et les règles propres à chaque pays survolé, la conformité est un travail à plein temps. Le gestionnaire l’assume, et en répond.
La troisième est économique. Un gestionnaire mutualise ce qu’un propriétaire seul paie au prix fort : conditions négociées sur le carburant, les assurances et les redevances, personnel partagé entre plusieurs appareils, expérience des coûts réels qui évite les mauvaises surprises. Et lorsque le propriétaire le souhaite, l’appareil peut être proposé à l’affrètement pendant ses périodes d’inactivité, ce qui transforme un centre de coûts en source de revenus partielle.
La dernière raison est la valeur de revente. Un avion exploité professionnellement, dont chaque heure de vol et chaque intervention sont documentées dans les règles, se revend mieux et plus vite. Le dossier technique fait partie du prix.
Que fait concrètement le gestionnaire au quotidien ?
Un contrat de gestion couvre habituellement quatre domaines.
L’équipage : recrutement, contrats, planification, entraînement récurrent en simulateur, visites médicales, formation aux procédures de l’exploitant. Les pilotes volent pour le propriétaire, dans le cadre de l’exploitant.
La technique : suivi du maintien de la navigabilité, planification des visites d’entretien, traitement des consignes de navigabilité, relation avec les ateliers, gestion de la documentation. C’est la partie invisible du métier, et la plus déterminante pour la sécurité comme pour la valeur de l’appareil. Nous lui consacrons un guide complet.
Les opérations : préparation de chaque vol, météo, plans de vol, autorisations de survol et d’atterrissage, assistance aux escales, permanence opérationnelle. Une demande de vol se traite en heures, pas en jours.
L’administration : budget annuel, comptabilité analytique de l’appareil, assurances, refacturation transparente des coûts, reporting régulier au propriétaire. Le propriétaire sait, à tout moment, ce que vole son avion et ce qu’il coûte.
Qu’apporte l’exploitation sous certificat AOC ?
Le certificat de transporteur aérien (AOC, pour Air Operator Certificate) est la licence qui autorise une société à exploiter des avions commercialement. Il est délivré et surveillé, en Suisse, par l’OFAC. Détenir une AOC impose un système de gestion de la sécurité, des manuels d’exploitation approuvés, des équipages contrôlés et des audits réguliers.
Pour un propriétaire, confier son appareil à un exploitant sous AOC change deux choses. D’abord, le niveau d’exigence : l’appareil est opéré selon les standards du transport commercial, les plus stricts du secteur, même pour les vols privés du propriétaire. Ensuite, les possibilités : seul un appareil inscrit sur une AOC peut être proposé à l’affrètement commercial. Sans AOC, pas de valorisation locative. Elle permet également de bénéficier d’une exonération de TVA à l’importation, ainsi que sur les principales dépenses d’exploitation, notamment celles liées au carburant, qui constitue l’un des principaux postes de coûts.
C’est un critère de confiance simple à vérifier : les autorités publient la liste des détenteurs d’AOC. Un propriétaire qui compare des gestionnaires devrait toujours commencer par là.
Comment les coûts sont-ils maîtrisés ?
Les coûts se répartissent en deux familles. Les coûts fixes existent que l’avion vole ou non : salaires et charges de l’équipage, hangar, assurances, abonnements de navigation et de météo, honoraires de gestion. Les coûts variables suivent l’activité : carburant, redevances de route et d’atterrissage, assistance aux escales, entretien lié aux heures de vol, restauration à bord.
Le modèle de facturation le plus sain est celui de la transparence : des honoraires de gestion clairement identifiés, et la refacturation des coûts au réel, justificatifs à l’appui, sans marge cachée. Les recettes d’affrètement éventuelles viennent en déduction. Un bon gestionnaire fournit un budget annuel prévisionnel, puis un reporting mensuel qui s’y compare ligne à ligne. Les montants dépendent du type d’appareil, de son programme d’utilisation et de sa base.
Comment choisir sa société de gestion ?
Quelques questions font rapidement le tri. L’exploitant détient-il une AOC, et depuis combien de temps ? Connaît-il précisément votre type d’appareil, et son équipe technique en suit-elle d’autres exemplaires ? Le maintien de navigabilité est-il assuré en interne ou sous-traité ? Le modèle de facturation est-il transparent, avec refacturation au réel ? Qui sera votre interlocuteur, et combien d’appareils gère-t-il ?
La spécialisation compte davantage que la taille. Un gestionnaire qui connaît intimement une famille d’appareils, ses pannes typiques, son réseau d’ateliers et ses coûts réels, protège mieux votre avion qu’une structure généraliste, si grande soit-elle. C’est le choix que nous avons fait chez Dasnair : une seule famille, les Dassault Falcon, exploitée et entretenue depuis 2001 sous certificat suisse, avec notre service de gestion d’avions.
Questions fréquentes
Puis-je continuer à utiliser mon avion quand je veux ?
Oui. L’appareil reste le vôtre et vos vols sont prioritaires. Si vous autorisez l’affrètement, les vols de tiers ne se programment que sur vos périodes de disponibilité, que vous définissez.
La gestion est-elle réservée aux grands jets ?
Non. Tout appareil dont l’exploitation dépasse ce que son propriétaire souhaite porter seul peut être géré. Le calcul se fait sur la tranquillité et la valeur préservée autant que sur les coûts.
Que se passe-t-il si je vends mon avion ?
Le gestionnaire accompagne la vente : préparation du dossier technique, présentation de l’appareil, démarches d’exportation et de radiation. Un avion au dossier impeccable est un avion qui se revendra mieux.
Un Falcon à confier, une acquisition à l’étude ? Parlons de votre appareil : nos opérations répondent 24h/24 au +41 22 717 82 00.
L’équipe opérations Dasnair · Mise à jour : septembre 2026